QUAND UNE CATASTROPHE SE TRANSFORME EN MIRACLE…

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Tout a commencé par une catastrophe. Une vraie. Aux environs de 14h, alors que nous étions en route vers Québec depuis Drummondville, nous avons appris qu’il n’y avait pas d’électricité au Théâtre Petit Champlain, où nous avions prévu de jouer depuis la fin du mois d’août, un concert pour lequel les gens étaient venus de partout dans le monde; Canada, États-Unis, France, Allemagne, Japon et Australie. Des trains, des trajets interminables en train, de longs vols, des chambres d’hôtel, et une excitation incomparable à aucune autre. Et nous devions leur annoncer que le concert n’aurait pas lieu ? Ce n’était pas une idée que nous pouvions accepter. Nous nous sommes arrêtés au Tim Hortons dans une aire de repos. Peu importe l’endroit où vous vous arrêtez pour essayer de gérer une telle situation, il gardera des stigmates et tiendra toujours une mauvaise place dans votre coeur. Nous avons commandé des cafés, plus pour la forme que dans le désir d’en boire un, nous nous sommes assis à table, et nous avons analysé les possibilités que nous avions. Celles-ci n’étaient pas très nombreuses. Nous voulions louer une autre salle de concert, mais c’était impossible, il y avait une clause stipulant que nous ne pouvions pas jouer si le concert était annulé. Nous avons pensé louer un endroit où nous pourrions tous nous réunir ensemble, mais tout dans le vieux Québec est petit et incapable d’accueillir les 300 personnes prévues pour le concert de ce soir. Ensuite, Alex a eu une idée qui était insensée. Nous pouvons faire le concert dans l’église. Mais nous n’avons pas de haut-parleurs assez puissants pour ça. Nous irons en louer. Les gens n’ont pas de voiture pour conduire jusque là. Nous pouvons louer un bus pour faire l’aller-retour de Québec à Drummondville. Mais ça ne fait aucun sens ! Est-ce que nous allons vraiment pouvoir tout préparer et être dans les temps ? Où allons-nous chercher les gens ? Comment allons-nous communiquer l’information à tout le monde si nous devons garder secret le fait que nous faisons un concert ? Je ne savais pas quoi faire, ni quoi penser. Je veux dire, accueillir tout le monde dans l’église pour un concert était quelque chose que nous avons toujours voulu faire, c’est une vision que nous avons depuis que nous avons acheté l’église il y a un peu plus de 5 ans. Marjo a commencé à appeler des compagnies de bus “pour un bus, avec un chauffeur, pour ce soir”. Ben a commencé à appeler les magasins d’équipements de musique “pour des haut-parleurs, pour ce soir, délivrés à la maison parce que nous ne pouvons arriver nulle part avant que ça ne ferme partout”. Ça ne faisait aucun sens. Et même quelques jours après l’événement, ça ne fait toujours aucun sens. Nous avons appelé les gens à la maison, nous leur avons dit de tout préparer : des boissons pour tout le monde, un vestiaire pour les manteaux, un endroit où les gens mettront leurs bottes. Alors que la plupart d’entre nous rentrions à la maison, Jeff, Miss Isabel, Marjo et moi-même allions à Québec au point de rencontre que nous avions pour dîner avant le concert pour annoncer la mauvaise nouvelle à tout le monde. Mais intérieurement, nous étions heureux de pouvoir surprendre les gens de cette façon. Nous avons à peine dit bonjour à tout le monde et Jeff l’a annoncé. La nouvelle a eu l’effet d’une bombe pour la plupart des gens, comme beaucoup d’entre eux, venant de l’étranger et loin de la maison, n’avaient pas accès à leurs courriels. Les gens n’y croyaient pas. Ils ne voulaient pas le croire. Ils pensaient qu’il y avait une caméra cachée quelque part, que nous blaguions. Mais en voyant que Jeff restait sérieux, ils savaient que c’était vrai. Et ensuite, nous avons lancé la deuxième bombe. “MAIS… Nous avons loué un bus de voyage qui va vous emmener à Drummondville, dans notre QG, où nous allons donner ce fameux concert”. Dans la vague d’applaudissements et de sifflets, j’ai cru que les gens allaient pleurer. Ça a donné le ton au reste de la soirée. Nous n’avions aucune idée de la magie qui était à venir ! Nous sommes partis, nous sommes montés dans le bus, et nous avons roulé jusque Montréal.

Alors que nous roulions, je recevais beaucoup de textos, des gars à la maison qui me demandaient comment les gens avaient réagi, de quoi ils parlaient, si tout se passait bien… Et ensuite, j’ai reçu LE texto. “Ce que nous sommes sur le point de faire est suicidaire”. Et là, j’ai douté de nouveau. Allons-nous vraiment pouvoir faire exactement ce que nous voulons ce soir, il y a tellement d’éléments contre nous. Je veux dire, dans les dernières semaines, Sef s’est cassé le doigt en attrapant un ballon, ce qui nous a presque forcés à annuler le concert, et maintenant, il y a une explosion souterraine qui a coupé l’électricité dans la salle de concert ? Cette salle n’a jamais annulé un seul concert en 50 ans d’existence ! 50 ANS ! Pourquoi fallait-il que ça soit notre concert ? Devons-nous vraiment le faire ? Peut-être que nous devrions seulement passer du temps avec les gens, tranquillement, et passer un bon moment ensemble. Mais alors, nous aurions loué l’équipement, et le bus, tout ça pour ça ? Je pouvais imaginer Jeff déjà fâché à l’idée d’annuler le concert. “Les gens sont venus pour la musique, pour cette communion qui ne se retrouve nulle part ailleurs, alors nous allons leur donner de la musique, et rien d’autre. Rien d’autre. Est-ce que je suis assez clair” ? Ses mots résonnaient dans ma tête alors que le doute m’envahissait de plus en plus. Mais ensuite, j’ai levé les yeux de mon téléphone et j’ai regardé tout le monde dans le bus. Toute cette excitation, tous ces gens qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant et qui parlaient maintenant tous ensemble comme s’ils étaient des amis depuis toujours. Ce n’est pas fait par la musique en tant que telle, mais la musique sert encore de pont entre chacun de nous… Et je n’avais plus aucun doute. Aujourd’hui, d’autres miracles allaient se produire à travers la musique qui allait jouer dans le QG !

Arrivée à la maison, j’ai couru dans l’église comme j’avais avec moi quelque chose de très important pour le concert – la setlist 😉 Je suis descendue, j’ai enlevé mes bottes, et j’ai couru dans le “Upper Room”, la pièce principale de l’église, où le concert allait avoir lieu. Et ce que j’ai vu là m’a laissé sans voix, m’a mis les larmes aux yeux. Oui, j’étais plus que 100% certaine, ce soir allait voir son lot de miracles !

À 23h, j’étais derrière un micro, introduisant le groupe, disant à tout le monde que ça devait encore rester un secret, et leur demandant de mettre les caméras et les téléphones de côté. Ce soir, c’était un moment pour eux. Nous voulions qu’ils vivent la musique, mais pas à travers leurs caméras. Nous voulions qu’ils la ressentent pour ce que ça allait vraiment être, sans aucun filtre, pour sentir le lâcher prise que le moment allait amener, et pour qu’ils se permettent de vivre la musique d’une façon différente de celle d’un autre concert.

Et quel concert. Nous n’étions plus à l’église, nous étions dans un monde à part. Nous n’étions pas des individus regardant un concert, nous ne faisions qu’un. C’est comme si le temps s’était arrêté, seulement pour nous rattraper plus tard. Mais à ce moment précis, rien d’autre que cette communion unique et singulière n’existait. Comme si rien d’autre ne comptait. Pour moi, à l’extérieur de la foule, prenant des photos, c’était comme de regarder un film. Ça ne pouvait pas être vrai. Ça ne pouvait pas vraiment être en train de se passer. Et pendant la chanson “From The City To The Ocean”, j’ai baissé ma caméra pour regarder ce qu’il se passait devant mes yeux et non pas à travers le viseur de mon appareil-photo, et je n’ai pas pu m’empêcher de penser : “Cette atmosphère, cette ambiance, ce qui était en train de se passer… c’est cette même raison qui fait que je suis encore là aujourd’hui, qui fait la personne que je suis aujourd’hui. Ce qui se passe maintenant est cette même raison pour laquelle je suis en vie, pourquoi je sais ce que veut dire être vraiment en vie. Et c’est la raison pour laquelle j’ai commencé à marcher de la ville à l’océan, de voyager entre affliction et migration.” Et alors que des larmes remplissaient doucement mes yeux avec la reconnaissance de pouvoir être là à ce moment précis, j’ai pensé à vous tous. À quel point notre histoire est dingue. À quel point les chances que nous avions de nous rencontrer étaient inexistantes, de nous connaître, de pouvoir s’appeler les uns les autres une famille, des frères et des soeurs. Ce n’est pas la musique qui nous unit ensemble. Ce n’est pas une coïncidence. C’est quelque chose qui est bien plus grand que ça. Quelque chose que nous ne pourrons peut-être jamais pleinement comprendre, mais qui n’a pas à être compris non plus. Et je pense que c’est le plus beau cadeau que nous ne pourrons jamais recevoir. Il y a des choses qui ne demandent pas que nous les comprenions. Nous devons simplement les vivre. Et parfois, les vivre pleinement crée le parfait opposé de ce que nos têtes pensent. Si ce n’était que de moi et de mes impressions, je ne serais pas là aujourd’hui, je n’aurais jamais rencontré personne. Et j’ai réalisé que le miracle de ce soir n’était pas d’avoir réussi à amener tout le monde au QG pour un concert. Le véritable miracle était d’être ensemble. C’était le groupe qui en était toujours un. C’était nous au QG de YFE vivant tous ensemble. C’était vous qui étiez avec nous tous. Ce soir, le vrai miracle qui a eu lieu était NOUS. Et je pense que nous avons tous pu le sentir, ce soir, que peu importe ce qui s’est passé, ce que nous avons ressenti, ce que nous avons vécu, ce n’était que le début de quelque chose de nouveau…

Après une nuit bien trop courte, que nous ne pouvons pas vraiment appeler “une bonne nuit de sommeil”, nous sommes allés à Québec pour un brunch avec tous ceux qui pouvaient venir. Nous étions tous fatigués, ou plus que fatigués devrais-je dire. Cependant, nous n’avons pas ressenti cette fatigue une seule fois. Au contraire, nous ne pouvions voir que des sourires, nous ne pouvions entendre que des rires. Comme d’habitude, la nourriture était seulement secondaire dans ce que nous vivions. Nous voulions simplement être ensemble… prenant des photos, signant des albums et des livres, discutant du concert de la nuit dernière, des prochains projets qui nous attendaient, de nos passions, de nos peurs… Nous étions vrais et authentiques les uns avec les autres, sans aucun filtre. Ce brunch ne devait durer que 2 heures mais il a duré le double de temps, et je suis sûre que si ça n’avait pas été de notre désir d’explorer le Vieux Québec, et que le soleil était sur le point de se coucher, nous serions restés plus longtemps, bien plus longtemps ! Après tout, tout ça ne faisait que commencer pour nous…

Et finalement, après un week-end aussi fabuleux et idyllique, je pense que c’est juste de dire que la réalité, quand elle est vécue pleinement, est bien plus belle que les rêves que nous pouvons avoir, et que toutes les catastrophes auxquelles nous faisons face dans nos vies peuvent devenir le meilleur de ce qui peut nous arriver…

DE RETOUR À LA MAISON, NOS COEURS REMPLIS DE SOUVENIRS…

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Nous sommes maintenant de retour à la maison, au QG de YFE. Il est presque 3h du matin et je n’arrive pas à dormir, je ne sais pas pourquoi… L’excitation d’être de retour à la maison, ou le blues que la tournée soit terminée. La joie de revoir tout le monde, ou la tristesse de quitter des gens avec qui nous avons passé le dernier mois. La paix que j’ai trouvée en tournée, ou le stress de la perdre une fois de retour dans la routine quotidienne (qui peut vraiment être appelée une routine). La sécurité que j’ai trouvée dans la compréhension que je ne trouverais jamais mon confort en personne, ou l’anxiété d’être seule. Cette peur de l’obscurité combinée à la peur de briller. Les amis et les gens que j’aime et qui me manquent déjà bien plus que ça ne le devrait, et puis maintenant de revoir tout le monde au QG comme si j’étais partie la veille. Ce sentiment d’avoir une vie plus belle encore que celle d’un conte de fées, mais tout de même de le vivre comme une tragédie grecque. La vie est faite de hauts et de bas, certains plus hauts que d’autres, d’autres plus bas. Et en pensant à la tournée, à propos de tout ce qui s’est passé, je ne peux pas m’empêcher de me rappeler à quel point nous sommes bénis. De ce moment modeste mais honnête que nous avons passé à marcher dans les rues de Cologne avec Alex pour son anniversaire, au gâteau surprise de Claudia qui nous l’a amené de Hanovre, conduisant pendant 3 heures seulement pour ça, à cette journée à Bielefeld quand nous avons donné à Alex un autre cadeau d’anniversaire de tournée, un t-shirt signé par tout le monde et une peinture de Conrad, le chanteur de Trail Of Dead, où nous avons revu Marcel après un an, et où nous avons eu l’opportunité de jouer pendant 75 minutes plutôt que 40, à cette vieille dame qui nous a expliqué en détails chaque sculpture et les peintures d’une église avec ses difficultés à Eindhoven, le concert à Bruxelles qui a réuni des gens de la Belgique, du Japon, de la France, du Royaume-Uni, du Canada et des États-Unis, et ensuite le concert à Paris, un final grandiose à une tournée qui l’a été tout autant, où l’énergie a culminé comme jamais auparavant, où les membres du groupe sont montés sur scène pendant le concert de Trail Of Dead avec leurs chapeaux de pirates, et finalement l’anniversaire surprise d’Alex… Les mots manquent pour expliquer à quel point ça a été merveilleux. Et je suis assise ici, devant mon ordinateur, et j’ai le sentiment que tout ce dont je parle est comme un film, comme si ça ne pouvait pas être vrai. Mais les odeurs, les textures, les photos, tout est juste trop vrai pour n’être qu’un film. Et un film comme celui-ci n’aurait jamais pu être imaginé ou écrit. Parce que la réalité, pour ce qu’elle est vraiment, parce que la vie, avec tous ses hauts et ses bas, est bien meilleure, et de loin, que n’importe quel film auquel nous aurions pu rêver. Parce que nous pouvons en faire ce que nous voulons.

Il est passé 3h du matin maintenant. Tout le monde est parti dormir depuis plusieurs heures déjà. Dehors, le sol commence à se couvrir d’une pellicule blanche encore pure et intacte, ma première neige de l’année… Et je ne peux pas m’empêcher de sourire; cette réalité est de loin bien meilleure que n’importe quel film à sortir sur grand écran…!

– Stéphanie

Royaume-Uni, tu vas nous manquer !

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Nous sommes arrivés à Glasgow après un trajet qui nous a pris bien plus longtemps que prévu. 16 personnes coincées dans le bus où il y a à peine de la place pour 8. Après un voyage qui est devenu comme une fête dont certains d’entre nous ne se souviennent plus vraiment (ou du moins, c’est ce que j’ai entendu dire par certains…!). La salle à Glasgow était à l’intérieur d’une école d’art, avec une loge qui pouvait à peine contenir 2 personnes. Alors nous avons pris place dans le café étudiant et nous en avons fait notre QG pour quelques heures. Être assis comme ça dans une université, en sachant que nous allions jouer là quelques heures après seulement, m’a rappelé les Coffee House Sessions que nous avons faits au Royaume-Uni plus tôt cette année, en février. Je ne pouvais pas me débarrasser du sentiment que la soirée serait bizarre par contre, peut-être parce que ça me rappelait tellement les Coffee House Sessions qui étaient des concerts acoustiques, et que ce n’est pas ce que nous allons jouer. Peut-être que j’étais juste encore un peu endormie suite à ce long trajet en bus. Tellement de choses étaient similaires aux Coffee House Sessions, mais d’une certaine façon, tout était différent en même temps. Nous ne sommes que quelques mois plus tard, mais c’est tellement évident que nous sommes des gens différents. Dans tout ce que ça veut dire. Pour le meilleur et pour le pire. Mais quelque part, je sens que nous nous sommes tous rapprochés en étant qui nous sommes supposés être. Nous sommes encore loin d’être qui nous pouvons être mais quand même, nous l’atteignons étape après étape, avec confiance, et tous ensemble. Il y a quelques mois, c’était difficile d’être tous ensemble, alors que là tout de suite, c’est naturel, et c’est quelque chose à quoi nous aspirons. Et j’ai su que je me trompais de penser qu’il y avait quelque chose qui clochait.

Aussitôt que le groupe est monté sur scène, c’est comme si quelque chose qui m’encerclait disparût, me disant que nous étions au bon endroit au bon moment faisant exactement ce que nous devions faire; être nous-même. De la meilleure façon possible, avec ses bons et ses mauvais côtés. Et le concert fut explosif ! Pour citer une chronique du concert par Rave Child, “le sextet a tellement d’énergie qu’on aurait dit qu’il y avait tout juste assez d’espace pour eux tous sur la scène de The School Art”… Et c’était exactement comme ça. Cette soirée à Glasgow, le groupe n’était pas seulement sur scène. Les membres étaient PARTOUT. Il ne faisait qu’un, tous ensemble, et avec le public, d’une façon magnifique…!

Le prochain concert se passait à Coventry, un concert pour lequel j’étais impatiente comme je savais que j’allais revoir PJ et Dawn, Ash & Sara, Steve et Paul. Et j’étais impatiente de voir ces gens que nous avons vus la dernière fois à Nottingham en mars. C’était comme si ces quelques mois furent bien trop longs ! La salle, appelée “Kasbah”, était un peu en dehors du centre ville, et on aurait dit qu’elle sortait tout droit des contes de nuits arabes. Voyant ça, je savais que ça allait être une soirée spéciale. À cause des gens que nous savions qu’ils seraient là, et ceux que nous ne savions pas encore, mais aussi à cause du décor et de l’ambiance. D’une certaine façon, oui, ça allait être une soirée dont nous nous souviendrons pour très longtemps. Et ce fut le cas. Il n’y avait pas de tapis volant, pas de lampe magique, mais la magie qui était présente était cependant bel et bien vraie !

Et ensuite Manchester… Une des première ville où nous avons joué, mais où nous ne sommes pas revenus depuis 7 ans. 7 ans…! J’ai eu la chance de marcher un peu dans la ville avant les balances de son. Et je fus ébahie de voir à quel point c’était difficile de croiser le regard des gens. Les gens avaient leurs propres choses à faire et allaient chacun dans leur direction, et ce qui les entourait, peu importe à quel point ça pouvait être impressionnant, c’était comme si ça n’existait pas du tout pour eux. Je suis sortie peu de temps, je dois l’admettre, mais pendant cette heure, je n’ai croisé le regard de personne. Et je crois que c’est exactement l’image que nous avions du Royaume-Uni avant que nous commencions à y passer plus de temps et avant que nous ne commencions à connaître les gens, non pas sur les impressions qu’ils nous laissaient, mais pour qui ils étaient vraiment. Le public est difficile d’accès. Ils sont difficiles à impressionner. Mais d’une certaine façon, à chaque fois que les gars montent sur scène et prennent cette chance d’être eux-mêmes, c’est comme si tout ça n’existe plus. Soudain, les longs cheveux et les barbes qui ne les avaient pas vraiment impressionnés deviennent quelque chose de différent, quelque chose de plus significatif, quelque chose que tu ne peux pas voir avec tes yeux seulement… Et c’est ça qu’est être vrai…

Puis nous sommes allés à Londres, une ville que j’aime beaucoup personnellement pour ce qu’elle est et où tellement de choses se sont passées pour le groupe. J’étais contente d’y être de retour et j’étais vraiment impatiente ! Comment aurais-je pu ne pas l’être ? Les 2 derniers concerts que nous avons eus là-bas ont été complètement dingues, et je savais qu’il y avait des gens qui étaient venus de partout dans le monde pour nous voir jouer ! Des amis de longue date, des nouveaux amis… Le concert fut l’un de ceux où les gars se sont déchaînés comme jamais auparavant, où chaque note et chaque son qu’ils jouaient sonnaient comme si leurs vies en dépendaient. Et c’était fort, mais pas seulement parce que j’étais encore une fois très proche des enceintes. C’était fort d’une façon complètement différente, tellement que j’ai dû arrêter de prendre des photos à un moment donné. Je ne pouvais plus comprendre ce qu’il se passait. Ce n’était pas le YFE que je connaissais qui était sur scène, je l’ai vraiment senti. Et ça m’a faite sentir comme si j’étais étrangère à moi-même. Et aussi effrayant que ça l’était au début, aussi longtemps que j’ai essayé de m’en tenir à ce que je savais ou pensais savoir, j’ai décidé de lâcher prise alors qu’Alex commençait à chanter la partie finale de la chanson “From The City To The Ocean”. Ça semblait être quelque chose que je ne connaissais pas du tout. Mais c’est ça que veut dire lâcher prise. C’est ça de découvrir de nouveaux horizons. Ce que crée le fait de laisser le moment se dérouler. Ce soir-là, je suis devenue étrangère à moi-même, parce que j’ai décidé de lâcher prise et d’explorer l’inconnu. Parce que j’ai décidé de laisser la musique m’affecter d’une façon que j’avais oublié qu’elle devrait le faire, tellement concentrée que j’étais à prendre des photos des moments qui se passaient sur scène. Mais les meilleurs moments restent ceux que j’ai vécus à travers ma lentille de caméra. Et ceux-là sont ceux que je veux partager avec vous, comme les moments, quand ils sont vivants, deviennent éternels.

Et je pense que l’”after-show”, si je peux l’appeler comme ça, était exactement à cette image. Nous étions dans une pièce à côté de la salle, alors que le son pouvait à peine être entendu, et où le seul membre du groupe à être resté jusqu’au bout fut Alex, qui a pris des photos avec tout le monde, et qui a aussi photographié tout le monde. Un moment qui était simple, mais vrai, d’une si belle simplicité naïve qu’il deviendra éternel pour chaque personne présente.

Et puis est arrivée notre 2ème journée à Londres, une journée où le concert était intégralement diffusé en direct sur le SFCC, le fan-club du groupe. Et ce concert, aussi imparfait fut-il, est devenu un autre moment éternel, pour les gens de partout dans le monde, qui se sont réunis tous ensemble à des heures impossibles de la journée et de la nuit pour partager quelque chose que nous savions appartenir à plus que 6 personnes sur scène… 😀

Nous sommes maintenant en route vers Hanovre. Je ne peux pas croire qu’il ne reste que 4 concerts à la tournée. On dirait que le temps est passé tellement vite encore une fois. Ces 5 jours au Royaume-Uni sont passés comme un éclair, mais nous ont laissés une trace qui ne disparaitra jamais. D’un moment à l’éternité. Merci !

– Stéphanie

4 JOURS ÉDIFIANTS EN ALLEMAGNE !

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Nous venons de terminer notre 4ème concert d’affilée en Allemagne… Nous sommes sur le point de quitter la salle de concert ici à Cologne pour nous rendre à Glasgow, là où aura lieu notre prochain concert.

Et nos concerts ici en Allemagne ont été vraiment mémorables. Le premier était à Munich, une ville où nous n’étions jamais allés, mais sur laquelle nous n’avons entendu que de bonnes choses. Et avec raison. La salle était située juste à côté d’une rivière, sur laquelle une plage était formée avec des cailloux blancs. Le ciel bleu et le soleil éclatant se reflétaient sur elle, ça ressemblait à un endroit recouvert de neige, cette première neige paisible qui est toujours tellement magique et romantique. Des gens se tenaient là sur le bord de la rivière, parlant, mangeant, jouant, ayant un bon temps. Nous n’étions qu’à quelques pas de la salle, et nous savions déjà que nous allions vivre quelque chose de spécial… Nous avons marché au hasard dans la ville, allant dans toutes les directions pour nous rendre compte que ça devenait de plus en plus intéressant à chaque coin de rue où nous nous arrêtions. Et vraiment, Munich est une ville inspirante ! Les gens sont amicaux, souriants, et très accueillants ! Oui, nous pouvions sentir que la soirée allait être spéciale ! Notre assurance a grandi encore plus quand nous avons vu Jo et Chris entrer dans la salle. Je me souviens parfaitement Miss Isabel descendant dans les loges, me demandant “Est-ce que c’est possible que Chris et Jo soient là ce soir ? Parce que je suis SÛRE À 100% que je les ai vues” ! Je n’étais pas sûre de ça, mais les connaissant toutes les deux, je lui ai répondu que je ne serais pas surprise à ce propos ! Je suis retournée en bas juste avant que le concert ne commence, pour être arrêtée en cours de route par quelqu’un qui criait mon nom. C’est alors que j’ai vu Vroni, tout sourire, ses bras grands ouverts, heureuse d’être là et le coeur léger comme jamais. Elle m’a serrée dans ses bras tellement fort que je savais que c’était représentatif de ce soir ! Vroni était là devant la scène, ne cessant de danser. D’une certaine façon, elle m’a rappelée la fameuse citation “danse comme si personne ne te regarde”. Mais les gens regardaient. Et c’est ce qui a rendu ça encore plus inspirant… de voir sa liberté et sa joie. C’était simplement magnifique. Et juste un peu plus loin, Chris et Jo regardaient le concert, les yeux grands ouverts et très attentives à tout ce qui se passait sur scène (et en dehors comme Alex est allé dans la foule comme d’habitude !). La batterie a fini dans la foule !

Et ensuite, nous avons roulé jusqu’à Berlin… Nous étions si impatients de revenir dans cette ville où nous nous sentons comme à la maison, où les gens nous ont toujours accueillis comme des frères et soeurs. Jeff est parti au milieu de l’après-midi pour des rencontres d’affaires, et je suis allée explorer la ville avec Alex, Moose et YB, nous promenant là où notre coeur nous menait. Alex a découvert un petit cirque, maintenant fermé pour la saison, au milieu d’un parc entre de grands bâtiments, un petit refuge de fantaisie et de rêve au milieu d’une grande jungle. Et nous nous sommes rappelés à nouveau ce que nous aimons tant à Berlin; dans cette ville, tout est possible. Où logique n’a pas sa place, où il n’y a pas de règlement à suivre mais où tout le monde est libre de faire ce en quoi ils croient ! Et le concert était exactement à cette image. Aussitôt que la musique a commencé, on pouvait voir les gens commencer à se regrouper plus près de la scène (comme entre les différents groupes, beaucoup vont au bar prendre une boisson ou dehors pour fumer). Mais quand la musique commence, tu sais qu’il y a quelque chose de plus que des mots et du son. Tu sais qu’il y a cette communion spéciale et unique qui se passe. Les gens secouent la tête, ils lancent leurs poings dans les airs, certains d’entre eux chantent en même temps, d’autres essaient de comprendre les paroles, mais tous ont un super bon temps, à leur façon. À la fin du concert, Alex a sauté dans la foule, sautant de la batterie qui était dans la fosse avec le public, et il est allé jusqu’au bar, tout au fond de la salle, où on lui a donné une bière, qu’il a bu un peu en étant encore dans le public juste avant de la donner à quelqu’un, et est ensuite revenu sur la batterie pour finir le concert. Oui, c’était ce genre de gros bang ce soir là !

Nous avons terminé la soirée au stand de merch, comme nous le faisons toujours, parlant avec nos chères soeurs Anke et Marina, entre autres, qui avaient toutes les deux parcouru un trajet de 3 heures pour venir nous voir, et qui devaient toutes les deux attendre jusqu’à 6h du matin pour leur bus ou leur train pour rentrer à la maison. Mais les deux nous ont dit qu’elles voulaient venir peu importe la distance. Pour elles, cette communion est unique et importante, et elles voulaient pouvoir partager ce moment avec nous et avec tous ceux qui étaient là ce soir. Et c’est un sentiment que je peux parfaitement comprendre. Peut-être parce que je ne suis pas moi-même sur la scène, j’ai un regard extérieur, j’essaie de trouver différents points de vue à travers les lentilles de mon appareil photo, j’essaie de capturer l’essence de cette communion en cours, j’essaie non pas d’en faire un beau cliché, mais une photo qui représente un moment en tant que tel…

Et quelques minutes après leur concert, le chanteur de Trail Of Dead a demandé à avoir un t-shirt du SFCC. Il voulait le porter sur scène, parce qu’il a tout simplement craqué sur lui, et sur sa signification aussi. Alex et lui ont eu la chance de beaucoup parler pendant les trajets de bus, à propos d’art, à propos de leur vision de la musique, à propos de leurs passions communes.

Et ensuite est arrivée notre journée à Hamburg. Une autre ville dont nous n’avions entendu que de bonnes choses, de la part de nos amis et des membres de Trail Of Dead, qui sont souvent venus ici. Nous sommes arrivés un peu en retard et la journée fut assez trépidante, alors nous n’avons pas eu beaucoup le temps d’errer dans la ville. J’ai marché un peu quand même, et je me suis promenée autour de ce que je crois être un marché de Noël. C’était trop tôt dans la journée, et les gens se préparaient pour la soirée à venir. Situé quelque part entre un parc d’attractions agrémenté d’une grande roue, une montagne russe et une maison hantée, l’endroit était rempli de stand de photos et de petits restaurants avec des murs en bois, éclairés par des bougies, décorés en rouge et vert. Noël est quelque chose qui me semble très loin encore pour le moment, mais je pouvais sentir l’ambiance de l’endroit. Pas à cause des différents stands mais à cause de l’ambiance que les gens lui donnaient. C’était vraiment familial et vous saviez que tout le monde trouverait quelque chose.

Toute la journée avait vraiment une drôle d’ambiance avec les problèmes et les incompréhensions qu’il y avait… Rien de majeur mais quand même… Ce n’est jamais quelque chose que tu souhaites. Alors nous nous sentions tous un peu “entre deux”, en attente de quelque chose. Jusqu’à ce que nous montions sur scène. Votre amour, votre passion et votre énergie nous ont donné des ailes. Alex était malade ce jour-là, mais vous vous êtes assurés de l’élever d’une façon très particulière ! Et pas seulement lui, mais tout le groupe ! Et de tous vous rencontrer était comme une vraie journée de Noël pour nous. Claudia, Stefan, Berit, Janine, Nadine, Tina, Vivienne et tous les autres que nous avons rencontrés ce soir là, MERCI !

Et puis le 4ème et dernier concert de cette partie de la tournée est arrivé, celui à Cologne. Nous avons joué là il y a 7 ans, lors de notre toute première tournée européenne, et même si nous nous sommes arrêtés il y a un an pour voir la cathédrale de Cologne, nous ne sommes jamais revenus pour jouer. Nous sommes arrivés très tard dans la ville et n’avons pas eu le temps d’aller nulle part, même si nous avions planifié de monter tout en haut de la cathédrale ! Ça a plutôt été arrivée, déchargement, balances de son, dîner, et ensuite les portes ouvraient ! Déjà ! L’Allemagne est un pays tellement accueillant avec nous, et les souvenirs de notre passage à Cologne, il y a 7 ans déjà, sont encore très proches et frais à nos coeurs et nos âmes. Alors c’est avec beaucoup d’excitation que les gars sont montés sur scène devant un public très nombreux. Et croyez-moi, ça m’a pris une chanson complète pour aller de la scène au fond de la salle, prendre quelques photos (un peu, vraiment) et de revenir ! Et pour ceux d’entre vous qui sont familiers avec la musique du groupe, surtout en concert, vous savez que les chansons ne sont pas vraiment réputées pour être courtes… 😉 Les gens dansaient, secouaient la tête, faisaient du Air Guitar et du Air Drum… C’était époustouflant ! Nous avons eu la bénédiction d’avoir Tobi avec nous, qui avait fait toute la route depuis le Royaume-Uni (et le jour de son anniversaire !) et Nina des Pays-Bas, pour cette soirée spéciale aussi ! Une magnifique soirée, dans tous ses aspects !

Nous avons fini notre 4ème concert d’affilée en Allemagne… Nous sommes sur le point de quitter la salle de concert ici à Cologne pour nous rendre à Glasgow, où aura lieu notre prochain concert. Complètement régénérés par ces 4 jours, impatients de communier avec chacun d’entre vous là-bas aussi ! Il a beau y avoir 13 heures de route à faire (sans compter le trajet en ferry), nous sommes vraiment impatients de faire ce voyage. Avec 16 personnes dans le bus, ça promet d’être vraiment dingue… Plus de photos à venir je crois bien… 😉

– Stéphanie

NOTRE PREMIÈRE FOIS EN SUISSE… INOUBLIABLE !

Written by Your Favorite Enemies. Posted in Tournée Shadows Of Dreams To Come

C’est fou comment “il reste encore 4 heures” peut se transformer en “oh merde, il ne reste plus que 4 heures” avant un concert. Surtout quand tu arrives 2 heures en retard à la salle. Pourquoi sommes-nous arrivés 2 heures en retard à la salle ? Et bien, nous avons dû traverser la frontière pour nous rendre en Suisse. Malgré le fait que nous n’avons pas eu à montrer notre passeport ou quoique ce soit d’autre, nous avons quand même dû vider le bus et faire tout vérifier pour tout ce que nous avions à déclarer ou que nous aurions pu oublier. Mais ça s’est bien passé cependant. Ce qui a vraiment pris du temps furent les problèmes mécaniques du bus que nous avons rencontrés. À 20 minutes de Bern, après 5h du matin alors que tout le monde dormait, la conduite de pression de l’air du bus a brisé. Le chauffeur de bus a dû s’arrêter sur le côté de la route et faire un appel pour une réparation d’urgence…! Nous avons finalement réussi à nous rendre à la salle, mais bien en retard sur l’horaire prévu… Ce qui veut dire que les balances devaient être faites sous stress, vite, et qu’il fallait faire vite pour essayer de les inclure dans l’horaire initial. Habituellement, c’est le genre de situation qui nous apporterait du stress et nous ferait sortir de l’état d’esprit que nous nous devons d’avoir. Mais cette fois, non. Pas de stress du tout. Ce qui devait se passer allait se passer, et c’est comme ça que ça allait être, aussi simple que ça. Je veux dire, est-ce que le stress va aider à quoique ce soit ? Non. Alors tout le monde a pris le temps de se détendre, se concentrer sur ce qu’ils avaient à faire, et les choses se sont passées tout en douceur. C’est quelque chose qui m’a grandement surprise. Mais je pense que c’est tout simplement le reflet de qui nous sommes devenus ensemble… Nous avons appris que la paix est quelque chose qui vient de l’intérieur, et non pas des circonstances autour. Il y aura toujours des circonstances extérieures. Il y aura toujours des choses que nous aimerions ne pas voir se produire. Mais d’une certaine façon, ces éléments ne semblent pas avoir eu une quelconque gravité à notre vol en apesanteur.

Et le concert, notre tout premier en Suisse, a été simplement époustouflant ! Nous ne savions pas à quoi nous attendre, nous ne savions pas comment les choses allaient se passer, mais nous savions que les gens allaient nous répondre à la mesure de ce que nous donnerions sur scène. Et c’était tout simplement magique. Vous pouvez demander à Séverine et Pascal qui étaient là avec nous ce soir-là, ils pourront vous en dire beaucoup à ce propos… 🙂

Nous avons roulé de nuit vers Winterthur. Une autre ville dont aucun d’entre nous n’avions entendu parler avant. Aucun d’entre nous n’avons vu la route pour y aller, les paysages, les villages, les villes que nous avons traversés étaient juste les fantômes d’un rêve lointain comme nous avons tous dormi aussitôt que le bus est parti jusqu’au moment où nous sommes arrivés à la salle le matin. Les fantômes d’un rêve, peut-être, mais des fantômes qui étaient cependant très vivants sous la pluie qui tombait sur la ville où nous venions d’arriver. On dirait que la pluie n’a jamais cessé depuis que nous avons pris la route avec Trail of Dead et Midnight Masses, ne nous permettant jamais de voir les beautés des villes où nous sommes allés jusqu’à maintenant en Suisse. Nous avons toutefois été suffisamment bénis de découvrir la ville à travers le coeur des gens avec le concert que nous avons donné dans ce pays encore inconnu. Et quelle magnifique découverte ça a été. Nous avons été bénis de bien d’autres façons à travers les sourires et les mots de tous les gens que nous avons croisés. Et une fois que le concert fut terminé, nous avons appris que la première neige était tombée sur la ville. Comme ça, tôt en novembre. Et autant que je déteste l’hiver, je suis sûre que cette première neige était une bénédiction sur nos têtes, nous rappelant que les miracles se passent même quand vous ne le savez pas, et que même si nous n’étions pas les premiers témoins de ces miracles, ils n’en sont pas moins vrais, tout aussi puissants et inspirants. Parce que nous ne voyons pas les choses ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. Il y a tellement plus à découvrir, tellement plus à apprendre de ça. Et croire en plus que ce qui est visible à l’oeil nu est ce petit secret pour croire en ce qui est impossible. Parce qu’après tout, regardez nous, nous sommes encore tous ensemble, un groupe de personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, qui ne devraient pas être ensemble, mais qui sont une vraie famille.

Et ensuite est arrivé le concert à Lucerne. Le tout dernier avant notre première journée de congé de la tournée (mais c’est une autre histoire, pas vrai ?). Nous sommes arrivés très tôt le matin, et nous nous sommes préparés pour marcher un peu dehors. Nous avons entendu dire que Lucerne était une très belle ville et qu’il y avait tellement de choses à voir, que nous avons tous décidé, chacun de notre côté, de profiter de l’absence de la pluie et d’aller prendre une marche. Sur mon chemin, j’ai croisé Jeff, Sef et Miss Isabel. Nous n’avions aucune idée d’où aller et où se trouvaient les plus belles vues, nous nous sommes tous retrouvés sur le bord d’un lac devant une ville construite sur une colline, où “les canards sont si beaux que tu peux même les toucher”, comme Sef a dit. Et bien, il n’a jamais réussi comme les canards ne cessaient de s’enfuir à chaque fois qu’il les approchait, mais enfin, je ne peux pas les en blâmer; je fais la même chose quand il m’approche…

Nous avons été merveilleusement accueillis par notre chère Sue du Royaume-Uni, qui est venue dans la ville pour voir le groupe en concert et passer quelques jours dans cette superbe ville. Elle a pris le temps de parler à certains d’entre nous, nous racontant comment l’ambiance du concert depuis la dernière fois qu’elle nous a vus a changé. Et elle a vu beaucoup de concerts, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie… S’il y avait un record de la personne ayant vu le plus de concerts, je pense qu’elle serait la championne 😉 Mais elle a raison. L’ambiance A CHANGÉ, et c’est quelque chose qui est indéniable. Pour vous donner une idée, pendant les balances, plutôt que de faire un instrument à la fois, les gars ont simplement décidé d’ajouter du bruit, couche après couche, pour créer une nouvelle chanson, comme ils le font parfois à la maison quand ils répètent. “Un aperçu du prochain album peut-être ?” a dit Alex. Qui sait ? Et qui s’en soucie ? À ce moment précis, pas moi. J’étais simplement heureuse de les voir bien et libres sur scène. Mais maintenant que je pense à ça et que je prends le temps de l’écrire, je pense que c’est tout simplement extraordinaire. Je me souviens à quel point “Between Illness And Migration” a tout coûté à chacun de nous pendant son processus de création et encore aujourd’hui. “Nous savions que ça allait tout nous coûter, mais ne savions pas ce que nous possédions”… Et d’une certaine façon, je sais que le prochain album aussi nous coûtera tout, je sais que chaque moment sera chéri comme jamais auparavant; parce que je sais à quel point le moment est précieux, comme il ne peut pas être falsifié, et à quel point une petite seconde peut tout bouleverser… Et c’est avec une paix rageuse et destructive que le groupe est monté sur scène quelques heures après les balances, prêt à faire tomber les murs, peu importe de quoi ceux-ci sont faits…

Et après notre journée de congé, nous sommes revenus en Suisse, pour un tout dernier concert… C’était difficile à croire qu’après celui-ci, nous ne reviendrions pas en Suisse pendant la tournée. Alors nous nous sommes assurés de nous promettre toute une fête. Une fête comme jamais auparavant. La salle se trouvait au milieu de nulle part, une ancienne gare de train et une usine qui avaient connues leurs heures de gloire mais qui étaient maintenant terminées. Un collectif de personnes ont acheté l’endroit, l’ont transformé en salle de concert du mieux possible. Parce que c’est ce qu’est le Biomill. Un collectif de personnes qui se sont portées volontaires une fois par mois pour ouvrir l’endroit à un événement musical. Une fois par mois. Et ce mois-ci, Your Favorite Enemies, avec Trail of Dead et Midnight Masses sont les heureux chanceux invités de ce lieu très amical et accueillant. Le propriétaire / organisateur de l’endroit nous a dit que c’était complet et qu’on pouvait faire entrer 300 personnes ici. Difficile à croire, comme c’était très petit ! La fosse était petite, tout autant que la scène; Sef a eu besoin d’ajouter des caisses pour agrandir celle-ci et mettre tout ce qui pouvait rentrer (non pas que son fameux “spaceship” est un peu trop grand, par contre… jamais !)

Mais les suisses doivent être proches les uns des autres, parce que la salle était vraiment chaude ce soir-là ! Les gens étaient en feu ! Les changements ont été très longs, alors la plupart des gens sont allés dehors pour fumer entre les 2 groupes. Mais aussitôt que la musique a commencé, les gens se sont rassemblés devant la scène, secouant la tête, dansant, trashant. Et comme c’était le cas pour les membres du groupe sur scène, c’était comme si leurs vies en dépendaient ce soir-là. Le niveau de lâcher prise et d’abandon de soi était magique. Pour ceux d’entre vous qui ont déjà vus YFE en concert, je pense que vous comprenez ce que je veux dire; on dirait que nous ne sommes plus sur terre. Comme si pour un moment, l’endroit n’avait plus d’importance, le temps n’avait plus de pouvoir. Tu n’as plus de nom, tu ne viens plus de nulle part, et tu ne suis plus aucune mode. Tu ne fais plus qu’un. Avec tous les autres. Un grand collectif de gens qui lâchent prise aux sons et aux bruits… allant aussi loin qu’ils se le permettent de le faire. Et au Biomill, il n’y avait plus de limite…

La Suisse, c’était notre première rencontre avec toi. Et quelle incroyable première impression ! Merci, du fond de nos coeurs ! Nous sommes impatients de te revoir !

– Stéphanie